<(2 ESSAI HISTORIQUE,
chute de la rivière Steinach , subsistant du travail de leurs mains, enseignant et civilisant,par leur exemple, les peuplades sauvages desenvirons. La réputation de ces cénobites s’é-tendit au loin, et devint si grande, que l’ar-chevêché de Constance fut offert à Gall ; maisil le refusa, et vécut de la mêmemanière jusqu’à(69O à y OO) l’âge avancé dequatre-vingt-seizeans. L’abbaye de Saint-Gail, fondée cinquanteà soixante ans après sa mort, devint le berceaudes sciences dans l’Helvétie, et une des écolesles plus célèbres en Europe , du huitième audixième siècle : on y conserva précieusementQuintilien , le livre d’Ammien Marcellin , quoi-qu’il donne une description si défavorable dupays, et d’autres trésors littéraires. Des savansécossais continuèrent de visiter Saint-Gai 1 , etles manuscrits qu’ils y apportèrent existaientencore en 1780, sous le titre de Scotici scripti.Entre autres curiosités scientifiques, Rutpertfait mention d’une mappemonde qu’il qualifiede subtili opéré.
Deux autres illustresÉcossais, Fridolin et Sige-bert, avaient choisi pourretraites des lieux éloi-gnés l’un de l’autre, quoique également sur leRhin ; l’un près de Râle, l’autre près du Saint- Gothard ; et les monastères de Seckingen et deDissenlis furent dans la suite fondés sur lesruines de leurs ermitages. La vallée de la Linth,