CHAPITRE IV.
49
fédération de différens états, royaumes et répu-bliques , chacun avec son administration localeet indépendante, sous le même chef suprême;les centumgrades étaient des juges dont les dé-cisions étaient portées au tribunal suprême desassises provinciales, composées de douze éche-vins choisis par le peuple, et présidées par lecomte : les avoués ou avocats des abbayes et desévêquesy assistaient ordinairement. Ce tribunalpopulaire connaissait des différends qui s’éle-vaient entre les vassaux et leurs seigneurs. Uncommissaire du souverain visitait les provincesune fois par an pour recevoir les plaintes desrnagistratsou du peuple. L’Eglise recommandaitle célibat des pretres, mais ne l’imposait pas;car Paschal, évêque de Coire , était marié à lacomtesse OEsopeia.
Quoique les relations de la féodalité fussentle résultat de la conquête (i), cependant il fal-
(i) Le gouvernement féodal a ceci de bien remarquablequ’établi en divers lieux à la suite d’invasions faites pardes peuples différens et sans rapports les uns avec les au-tres, ses institutions sont partout les mêmes, tant les cir-constances qui leur donnèrent naissance se ressemblaient.Chaque homme libre , c’est-à-dire chaque soldat parmi lesvainqueurs, reçut une dotation en terres proportionnéeà son grade , sous la condition de reprendre les armes lors-qu’il en serait requis par son prince ou général, qui restachef de la colonie militaire et eut la plus forte part. Divi-
ti. 4