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Tome II.
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48 ESSAI HISTORIQUE,

naientpresque exclusivement au produit de sesdomaines. Celui qui donnait des lois à l’Europe réglait lui-même le prix des œufs de sa basse-cour, et s’habillait du drap dont la reine avaitlilé la laine. Les peuples vaincus payaient uneredevance peu considérable sur les terres qu’onleur avait laissées, ainsi qu’une légère taxe per-sonnelle de capite. On peut juger de la pénuriedes finances de ce grand empire, lorsqu’onvoit l’argent ramassé à la porte des églises etle péage des ponts figurer parmi les ressourcesdu budget de Charlemagne . Les grands vassauxlui accordaient de temps à autre des subsidesvolontaires; mais il ne pouvait en exiger quele service militaire. Les ordonnances de sonconseil, presque toujours pour un objet local,étaient soumises par son chancelier aux archevê-ques et aux com tes, et par ceux-ci aux évêques,aux chefs des abbayes, aux centumgraves (jugesde dixains) et aux villes : elles étaient ensuitelues au peuple; c’est-à-dire à tous ceux quipossédaient sept pieds de terre derrière eux etsept pieds devant, et n’étaient finalement rati-fiées par le souverain qu’après avoir été ainsiapprouvées par ses sujets, lex consensu populifit et constitutione regis. Une législation aussicompliquée n’aurait pas pu remplir son objetsi elle eût embrassé tout l’empire de Charle-magne; mais cet empire était dans le fait une