82 ESSAI HISTORIQUE,
château surpris fut enlevé. Lutold, réduit àdemander la paix, s r estima heureux d’être reçubourgeois de Zurich .
Rodolphe réprima quelquefois l’orgueil en-treprenant des bourgeois; mais ce fut avantd’être empereur. Depuis long-temps il était malçivec Rodolphe de Falkenstein, abbé de Saint-Gall , et négligeait de lui faire hommage pourcertains fiefs qui relevaient de lui. Ayant reçu,au milieu d’une fête qu’il donnait à Bâle , lanouvelle d’hostilités prochaines de la part del’abbé, il avait été obligé de quitter brusque-ment ses amis, qui se querellèrent après sondépart avec les bourgeois de la ville , à l’insti-gation de l’évêque qui le haïssait : quelquesseigneurs furent tués , et d’autres ne durent laviequ’àunepromptefuite. Rodolphe, déterminéà venger cet attentat, prit le parti de mettre find’abord à son autre querelle , par une démarcheprompte et décisive. Il se rendit directementà Saint-Gall , accompagné seulement de deuxchevaliers. L’abbé de Saint-Gall donnait à man-ger ce jour-là à neuf cents gentilshommes ; ilsétaient à table lorsque, au grand étonnementde tous les convives, on annonça le comte Ro-dolphe de Habsbourg : Monsieur l'abbé de Saint-Gall j dit-il en entrant, j’ai des fiefs qui relè-vent de votre Saint , pour lesquels j’ai différé devous prêter foi et hommage ; vous rien ignorez