CHAPITRE X.
io3
moyen d’enlever ces machines avec de grandscrochets, et de les passer par-dessus leurs mu-railles. Les assiégeans, furieux du sort inopinéqu’éprouvait leur artillerie, s’en prirent à l’offi-cier qui la commandait, et lui firent couper latête; mais d’ailleurs ils l’enterrèrent avec tousles honneurs dus à son rang.
Lucerne , lasse de la domination oppressivedesducs d’Autriche,obtintdes Waldstetten d’êtreadmise dans la confédération. Sonrang est celui de troisième canton. Les habitansétaient divisés en deux partis; le moins nom-breux, composé des principales familles, con-spirait contre la majorité, ennemie de l’Au triche : ses menées furent découvertes, et l’onarrêta les principaux coupables; mais les Wald stetten , qui vinrent au secours de leurs confé dérés , fidèles aux principes de modération quiavaient présidé à leur propre révolution, empê-chèrent les effets de la vengeance, et personnene fut mis à mort, ni même exilé. Le ressenti-ment de la maison d’Autriche se manifesta parla défense qu’elle fit à ses vassaux d’avoir aucunecommunication avec les Waldstetten .
Jean Donat, baron de Vatz, le seigneur leplus riche et le plus guerrier de la Haute-Rhé-tie, était seul favorable aux Waldstetten , etleur accordait une protection moins honorablequ’utile. Ce monstre, réalisant la fable de Pro-