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ESSAI IIISTORIQUE,supplices, tels cpie celui de crever les yeux oucouper les mains. Roger Manesse, sans doutele petit-fils du protecteur des lettres, étaitl’ami intime du tyran, et son fils Ulrich sonassesseur. Afin de s’assurer des artisans, Rodol-phe liroun favorisait leurs corporations, c’est-à-dire le monopole de l’industrie , dont le résul-tat était de hausser la valeur de leurs produitsmanufacturiers et baisser celui des matièrespremières <pi’eux seuls achetaient, ainsi que dedonner un injuste avantage aux habitans dela ville sur ceux de la campagne'; ses conseilsétaient entièrement formés des membres deces corporations, et Rodolphe ne pouvait éprou-ver aucune contradiction de la part d’un corpslégislatif ainsi composé. Quelques citoyensayant proposé d’excepter du monopole certainsobjets de première nécessité, tels que le pain,le vin, le cuir, etc., non seulement cette de-mande fut rejetée, mais il fut arrêté que qui-conque la renouvellerait serait banni pour cinqans, ou puni corporellement. Le nouveau gou-vernement eut soin de respecter les droits féo-daux de l’empereur, et s’assura par ce moyende sa tolérance.
C’est le malheur des réformateurs, commedes médecins, de voir leur réputation souffrirdes fautes des empiriques ; et ce n’est pas unmoindre malheur pour le public que pour les