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Tome II.
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136 ESSAI HISTORIQUE,

tïair à la muraille, la même que dErlach avaità Laupen , l et la lui passa au travers du corps.Son vieux chien poursuivit le meurtrier de seshurlemens, jusque dans la forêt voisine ; mais iléchappa à toutes les recherches , et mourut demort naturelle peu de temps après.

Il n'est pas facile de débrouiller le chaos desdroits et des devoirs de la féodalité, entremêlésavec les privilèges des villes et les combour-geoisies. Tel individu pouvait être bourgeoisdans un ou plusieurs cantons à la fois, sans yfaire sa demeure, et lors même quil était autrepart le vassal d'un seigneur. Deux villages surles bords du lac des Waldstetlen , appelés Ger~sau et fVeggis , devenus , sans quon sache com-ment, fiefs de la maison de Habsbourg (i) ,avaient étécomme tels, hypothéqués ou vendusà différentes fois. Les gens de Gersau , profi-tant d'une occasion favorable, se rachetèrenten 1 3po, formant ainsi un état souverain quiavait deux lieues de long et une lieue de large,et dont peu de personnes en Europe ont jamais

(i) Les comtes de Habsbourg étaient originairementchoisis par nombre de villes ou communautés indépen-dantes, pour être leurs avoués, patrons ou défenseurs à lacour des empereurs, suzerains de tout le pays j ces protec-teurs élus devinrent par degrés seigneurs héréditaires yils reçurent des cens annuels comme droits seigneuriaux ,aliénables et transférables.