176 ESSAI HISTORIQUE ,
son adversaire avait le droit de le fouler auxpieds. Si quelqu’un s’introduisait par force dansune maison après la cloche du soir, le proprié-taire avait le droit de tuer l’assaillant, et, fautede témoins, était admis à prouver qu’il l’avaitfait pour sa propre défense, en apportant devantle juge trois brins du chaume qui couvrait la mai-son, ou son chien attaché par une corde , ou lechat tapi près de Vâtre, ou le coq qui veillait àcôté des poules, dans l'idée, sans doute, que lamoindre créature ou la plus petite chose suf-firait pour le confondre s’il proférait un men-songe. Deux hommes de Glaris , proches pa-rens, cheminaient ensemble dans les mon-tagnes, le long d’un précipice; l’un des deux,qui était l’héritier de l’autre, l’y fit tomber enle poussant. La chute se fit sans accident; maisil en résulta une plainte criminelle : le pré-venu, sans nier le fait, prétendit que son pa-rent s’était souillé du crime dont les bergers del’antiquité ont été accusés sur la foi des poètes,et que, l’ayant surpris, son premier mouve-ment avait été de le précipiter. Les deux pré-venus, persistant dans leurs accusations mu-tuelles, subirent la torture, qui ne leur arrachaaucun aveu, et 1 assemblée générale ( le peuple Jdemanda que la cause fût décidée par le com-bat judiciaire. Les deux champions parurentsur la place de l’église de Glaris , le 12 août ,