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Tome II.
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184 ESSAI HISTORIQUE,

santde grands cris, lorsquil les crut suffisam-ment épuisés. Ceux-ci reçurent lattaque avecbeaucoup de fermeté; mais, obligés de se reti-rer après une affaire qui avait duré six heures,le désordre se mit parmi eux en traversant leretranchement quils avaient forcé le matin, etles vainqueurs en firent un grand carnage. Onrapporte que les femmes dAppenzel , déguiséesen hommes, se laissèrent voir parmi les bois etles rochers, sur les flancs de lennemi, commeun corps de troupes descendant pour les tour-ner; ce qui déconcerta leurs mouvemens et con-tribua au succès de la journée.

Le duc lui-méme, à la tête dune autre divi-sion de son armée, avait pénétré jusquà la villede Saint-Gall, qui était du parti dAppenzelcontre son abbé; mais ne pouvant la forcer, etnosant pas la laisser eu arrière, il avait pris leparti de se retirer. Cependant quatre cents mon-tagnards, qui, sans être aperçus, observaientses mouvemens, lattaquant dans les défilés duHauptelisberg, lui tuèrent un grand nombre dechevaliers, et enlevèrent la bannière de Schaf-fhouse, alors ville impériale. Le duc nappritque le soir, à Arbon, lautre défaite de Stoss.Ne voulant pas séloigner sans vengeance, ilfeignit quelques jours après de se mettre enmarche pour le Tyrol; mais tournant tout àcoup sur la droite, il fit gravir à ses troupes les