3a4 ESSAI HISTORIQUE,
que les cantons menaçaient, ils étaient mis enliberté. A la fin , les Genevois demandèrentunanimement, et obtinrent la combourgeoisiede Fribourg et de Berne , qui fut le fondement(A. D. 1626, 12 mars) de leur liberté.L’évêque, alors brouillé avec le duc, sanctionnace traité, et il fut suivi de quelques changemensimportans dans la constitution, tels que l’abo-lition du tribunal du vidomne, remplacé parcelui du lieutenant et des quatre auditeurs ,élus annuellement dans l’assemblée générale;et l’institution ou l’organisation du grand-con-seil des deux cents. Quelques mamelucs, accu-sés de conspiration, prirent la fuite et furentcondamnés par contumace, mais il n’y eut pointde sang répandu. Ces mécontens joignirent laconfrérie de la Cuiller, sur laquelle il faut don-ner quelques explications.
Les seigneurs savoyards et ceux du pays deVaud avaient juré une guerre éternelle aux re-belles de Genève ; ils formèrent contre eux uneassociation armée, et la première idée en étantvenue pendant un repas, la cuiller, qu’ils por-tèrent depuis pendue au cou, devint le signede leur association. Ils cherchaient à couper lesvivres aux Genevois , exerçaient des cruautéssur ceux qui tombaient entre leurs mains, etfurent plusieurs fois sur le point d’enlever laville elle-même, qui n’était défendue que par