CHAPITRE XXX.
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Les vaines subtilités, la roideur scolastiqueet la pédanterie que l’on attribue à Calvin etaux principaux réformateurs , étaient les dé-fauts du siècle , et se faisaient bien plus remar-quer dans les écrits qui précédèrent les leurs,et même dans ceux des coutroversistes du dix-septième siècle. Calvin ayant déclaré la guerreà la théologie scolastique , devait, par celamême , chercher à éviter les défauts qui lacaractérisaient.
Mélanchthon , Bèze, Luther, Zwingle etquelques autres , étaient, non seulement deshommes de génie, mais d’un goût très cultivé.Ceux d’entre eux qui écrivirent dans leur lan-gue maternelle, surent l’assouplir aux usagesde l’enseignement didactique, et même de'lapoésie ; et ceux qui n’ont écrit que dans la lan-gue savante du temps, comme Érasme , Mé lanchthon , Bullinger , etc. ont une latinitéaussi pure qu’élégante, formée sur les grandsmodèles de l’antiquité. La diction latine deThéodore de Bèze est d’une suavité et d’ungoût parfaits. La dédicace à François I er , queCalvin mit en tête de ses Institutions de la re-ligion chrétienne , noble, énergique et savante ,est un véritable chef-d’œuvre, et ses écrits fran çais étaient très supérieurs à ceux de son temps.L’Église réformée, aux prises avec une oppo-sition formidable dans le dix-septième siècle,