CHAPITRE XXXH.
3G 7
compta jusqu’à cjouze cents de ces étrangers unjour de fête, et le résident annonça l’intentiond’y faire officier l’évêque d’Annecy , lequel sedisait souverain de Genève ! Le peuple én fré-missait, et malgré les efforts des magistratspour le contenir, il y eut un mouvement danslequel on tira un coup de fusil contre l’ijôtelde France . Ce fut une affaire d’état, et le rési-dent traita les magistrats avec une hauteur in-supportable , tout en leur donnant la permis-sion de faire grâce aux coupables, qui furentobligés de la demander à genoux. Le ministre,en parlant de la clémence infinie de son maître,lui appliqua ces paroles : Justitia sedet, miseri-cotdia vero assidet. Les registres publics fontfoi d’un fait curieux qui marque la simplicitéde ce temps-là : Noble Jacques Pictet, y disait-on,en date du 8 novembre 1679, propose que l’étatentretienne un carrosse à M. le résident de France ,pour qu’il puisse aller à la messe hors de laville. Noble J. A. Lullin , et noble J. L. Calan -drini, offrent, l’un vingt , et l’autre quinzepis-toles pour une souscription à cet effet. NotreSeigneur, disent encore les registres, a levé laverge pour nous réveiller de notre assoupisse-ment, en permettant que le résident du roi trèschrétien ait introduit en son hôtel l’exercice dela religion catholique romaine. Le syndic MichelTrembley fut envoyé à Paris à cette occasion ;