Band 
Tome II.
Seite
368
JPEG-Download
 

368 ESSAI HISTORIQUE,

niais on se contenta de lui dire, que les Gene­ vois ne devaient pas se trémousser pour des ba-gatelles , et être si prompts à envoyer des dépu-tations. Il obtint cependant le rappel du pre-mier résident. Son successeur, homme plus mo-déré, fut reçu avec les honneurs dun souverain,(A. D. 1680) et Spon décrit avec complai-sance les fêtes dont il avait été témoin. Il y eutun combat naval sur le lac de Genève, entreTurcs et chrétiens ; divertissement de la pêcheaux grosses truites et brochets; la chasse auxcanards ; grande collation au château Rozet,à un quart de lieue de la ville, la plus bellemaison de campagne du pays, avec son par-terre découpé dans le meilleur goût ; ses jetsdeau, ses longues allées équarries, etc. Le toutse termina par des sonnets dans le style dutemps, sur le ministre glorieux du plus grandroi du monde , ainsi que sur le lac le plus beauqui soit dans l'univers. On y parlait du cœur desGenevois , inébranlable comme les Alpes elles-mêmes, dans leur amour pour ce grand roi.Le représentant du monarque faisait aussi, deson côté, jouer le cœur du roi son maître. (1)

(1) Ce mot, répété jusquà satiété dans les phrases com-plimenteuses de nos jours, comme alors, fera dire à nosvoisins, si nous ny prenons garde, ce quun homme debeaucoup desprit a dit dun mot grossier eu usage chezeux, quil fait le fond de notre langue.