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Tome II.
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3^2 ESSÀI HIStORIQUÈ,

ci dapercevoir quune sorte daristocratie héré-ditaire avait dans le fait pris possession desconseils dela république, sans toutefois les in-commoder beaucoup.

Un théologien doué de rares talens et dunesprit libéral, J. U. A. Turretini (i), opéra,dit-on, la réforme de la réformation à Genève ,au commencement du siècle dernier. Ses con-citoyens, préparés par les progrès des lumières,abandonnèrent sans bruit et sans scrupulequelques uns des articles de foi imposés parCalvin , qui ne rejetait linfaillibilité de Rome que pour y substituer la sienne, ou du moinsnen imposèrent plus la croyance avec la mêmesévérité; mais comme lactivité éternelle delesprit humain ne saurait se passer daliment,au moins lorsquil a reçu quelque culture, lacontroverse neut pas plus tôt perdu son intérêtà Genève , que certaines questions politiquescommencèrent à y être agitées avec véhémence,et devinrent interminables sous une constitu-tion de gouvernement mal balancée.

Les fortifications de Genève avaient toujoursété en très mauvais état: on entreprit, en tfifio,

(i) Turretini , dit Senebier , étonna les docteurs de Sor-bonne de Paris par les talens quil déploya dans une dis-pute publique en latin , et par la pureté et lélégance aveclesquelles il parlait cette langue.