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Tome II.
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CIIAIITRE XXXII. 373

des travaux considérables que les magistratscontinuèrent pendant soixante et dix ans, sansautre autorisation quun édit du conseil géné-ral rendu en 1570, qui leur en donnait le pou-voir sans fixer de terme. Ces travaux excitè-rent de grands mécontentemens, tant à causedes frais considérables quils exigèrent, que dumotif secret que le peuple supposait à ceuxqui les avaient entrepris, ou les faisaientcontinuer. Les magistrats réprimèrent avecsévérité quelques actes de mécontentementpopulaire, et les peines infligées à ceux quiavaient troublé la paix publique parurent dau-tant plus injustes, quaucun remède ne futporté aux griefs qui avaient donné lieu à cesdésordres, et que ceux même contre qui lesplaintes étaient dirigées en étaient les seulsjuges. Ce fut et cest encore le défaut radicaldu gouvernement genevois, ainsi que celui detoutes les aristocraties suisses, que lépée dela justice se trouve dans les mains du gou-vernement, et quil est toujours juge dans sapropre cause, se trouvant ainsi placé dans unesituation fort délicate, également dangereuseet fausse pour ceux qui rendent la justice, etpour ceux à qui elle est rendue.

Les progrès de l'industrie produisaient avecla richesse et les lumières une sorte de suscep-tibilité inquiète dans les classes inférieures de