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Tome II.
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chapitre xxxnr. 3 cj 3

sans élection, et dans une sorte d'anarchie tran-quille. Les magistrats réduisaient leurs préten-tions, et le peuple augmentait les siennes sui-vant lattitude des puissances médiatrices; et àmesure que lespérance dune part et la craintede lantre se dissipaient. Ces puissances, lasséesà la fin de soccuper dune affaire qui leur étaitétrangère, et craignant les frais dune expédi-tion militaire, recommandèrent aux parties in-téressées de sarranger; cest-à-dire, aux magis-trats de céder. Il existe un Journal de ce qui sestpassé à Genève à la fin de 1767, et au commen-cement de 1768, pour servir à lhistoire de léditdu 11 mars 1768 , que nous avons lu, non seu-lement sans ennui, mais avec beaucoup dinté-rêt. On y reconnaît (1) à travers toutes les chi-canes de parti et les enfantillages du pointdhonneur politique, qui craint de se compro-mettre en cédant sur la moindre chose, lesprogrès de la civilisation et des lumières. Lesraisons de part et dautre sont ingénieuses etquelquefois profondes; il y a des égards mutuels;la politesse se fait remarquer dans les confé-rences, entre les membres dune aristocratieblessée et les représentais dune bourgeoisie

(1) Voyez aussi Recueil des pièces concernant la de-mande de la Garantie , etc. etc. 2 vol. in- 8. imprimé en1767.