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Tome II.
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394 ESSAI HISTORIQUE,

ambitieuse qui sent ses forces; aucune violencepopulaire; pas une goutte de sang répandue. Legouvernement se refusait à tles négociationsformelles avec le peuple, qui eussent supposéde nouveaux droits législatifs; mais les magis-trats conféraient individuellement avec des ci-toyenssans mission apparente. Ceût été dérogerà leur dignité que de concerter en commun unnouveau règlement; mais ils en rédigeaient seulsle projet, et le soumettaient ensuite indirecte-ment à lapprobation du peuple, en lui présen-tant une liste de candidats pour les places desyndics et autres auxquelles il avait à nommer.Le peuple sassemblait, nélisait personne : cétaità recommencer. On conférait encore, on mar-chandait , on débattait ; il échappait rarementdes choses dures : au contraire, on se faisait descomplimens, on riait même. Les magistrats pré-sentaient un nouveau projet, et puis une nou-velle liste de candidats à élire ; il fallut y revenirquatre fois. Les représentans se sentaient forts,et leurs adversaires furent obligés de céder.

On fit enfin un accommodement, accepté auconseil général le 11 mars 1768, presque àlunanimité ( mille deux cent quatre contrevingt-trois), par lequel le peuple, en échangede son droit indéfini, mais contesté, de refuserdélire les syndics , obtint lélection de la moi-tié des membres du conseil des deux-cents , et