CHAPITRE XXXIV.
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aurait pu raisonnablement compter de le voirdécider impartialement et uniformément, nonseulement clans les procès ordinaires, mais en-core dans ceux où lesquestionsde constitution-nalité se seraient trouvées impliquées. Lorsmême qu’il eût pu avoir quelques préjugés aris-tocratiques et pencher naturellement du côtédu gouvernement, il aurait toujours été plussûr, plus commode et plus honorable de por-ter la cause nationale à ce tribunal indigène ,qu à celui de M. de Choiseul ou de M. de Ver-geunes, et de faire intervenir six fois dans unsiècle les étrangers, et jusqu’à la Savoie , dansdes disputes de famille. Ces disputes étaient, endernière analyse, fondées essentiellement surdes intérêts de vanité et de point d’honneur; etce qu’il y a de pire dans ces cas-là, est d’avoirà se soumettre aux lois dictées par son adver-saire ou par un arbitre armé, lors même qu’ellesseraient bonnes en elles-mêmes.
1 1 est assezremarquable que M. de Yergennes,qui ne pouvait être suspect d'aucune prédilec-tion pour la liberté constitutionnelle, ni d’avoirle tact des institutions qui lui conviennent,-proposait cependant aux Genevois, en 1780,précisément l’échange dont nous parlons, c’est-à-dire l’abandon de la rédaction du code, etl’indépendance des places de judicature. Il estvrai que cette indépendance ne devait exister