Band 
Tome II.
Seite
408
JPEG-Download
 

408 ESSAI HISTORIQUE,

quà légard du peuple; mais si, profitant decette ouverture, le peuple eût proposé lindé-pendance absolue de la judicature nommée àvie, et sa séparation entière du conseil, le mi-nistre français et ses protégés y eussent accédévolontiers, tous les partis y trouvaut leurcompte.

Le même ministre qui avait envoyé une ar-mée française apprendre la démocratie en Amé­ rique , et fourni des secours aux colons en in-surrection contre la légitimité; qui dans la ré-volution de Suède , se déclarait contre laristo-cratie, et qui favorisait les démocrates de Hol-lande , savisa davoir peur du mauvais exempleque donnerait à lEurope la petite république de Genève ! Lhumanité et la bonne politique ,écrivait-il à la diète helvétique , le 2 mai 1782,demande que Genève cesse d'être une école desédition , et de répandre des doctrines dange-reuses. Le résident français Hennin se servaiten même temps dun argument nouveau en di-plomatie, pour engager les Genevois à être plusdociles. Messieurs , leur disait-il, vos disputespolitiques vous rendent trop sérieux; cela faittort à des gens occupés. Il paraît certain que cerésident avait des intrigues secrètes avec lesnatifs (i),et, à ce que lon croit, leur fournis-

(1) Après leur mauvais succès, et lors de leur exil, ce