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qu’à l’égard du peuple; mais si, profitant decette ouverture, le peuple eût proposé l’indé-pendance absolue de la judicature nommée àvie, et sa séparation entière du conseil, le mi-nistre français et ses protégés y eussent accédévolontiers, tous les partis y trouvaut leurcompte.
Le même ministre qui avait envoyé une ar-mée française apprendre la démocratie en Amé rique , et fourni des secours aux colons en in-surrection contre la légitimité; qui dans la ré-volution de Suède , se déclarait contre l’aristo-cratie, et qui favorisait les démocrates de Hol-lande , s’avisa d’avoir peur du mauvais exempleque donnerait à l’Europe la petite république de Genève ! L’humanité et la bonne politique ,écrivait-il à la diète helvétique , le 2 mai 1782,demande que Genève cesse d'être une école desédition , et de répandre des doctrines dange-reuses. Le résident français Hennin se servaiten même temps d’un argument nouveau en di-plomatie, pour engager les Genevois à être plusdociles. Messieurs , leur disait-il, vos disputespolitiques vous rendent trop sérieux; cela faittort à des gens occupés. Il paraît certain que cerésident avait des intrigues secrètes avec lesnatifs (i),et, à ce que l’on croit, leur fournis-
(1) Après leur mauvais succès, et lors de leur exil, ce