ESSAI HISTORIQUE,
arrangement, il établissait le droit qu’avait songouvernement de les faire accepter, sur Y inspec-tion seule d’une carte de géographie , et surl’habitude contractée par les rois de France , defaire le bien d’un état dévoué depuis long-tempsà leur couronne. Il y a, disait-il, une fin àtout; et lorsque trois puissances ont droit demettre la paix dans un petit état, et le veulent ,la paix se fait.
On a accusé l’aristocratie d’avoir prolongé laquerelle à dessein , pour amener un appel auxpuissances étrangères, et vaincre la répugnancede Zurich et de Berne , qui ne partageaient pointle zèle de M. de Vergennes. Ce serait bienen vain qu’on prendrait à témoin les vertusprivées des membres de l’aristocratie, de l’in-justice de cette inculpation; la garantie seraitincertaine ; car les honnêtes gens ont une touteautre sagesse et une toute autre morale en po-litique que dans les autres affaires de la vie.Périsse l’état, plutôt que d’être gouverné par lalaction ennemie, est partout le sentiment pré-dominant des partis, mais surtout celui du plusfaible, quel que soit d’ailleurs son patriotisme:l’orgueil blessé, ou même la seule vanité a faitplus de révolutions que la tyrannie.
La crise décisive eut lieu le 5 février 1781.Une rixe entre deux individus de la basse classeassembla la foule : on crut y voir le commen-