CHAPITRE XXXVI.
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oppose de grands obstacles à la culture dansles Grisons , cependant, avec la même industrieque leurs voisins , ils auraient pu les surmon-ter. Leur négligence s’étend à l’administrationdes forêts , dont la dilapidation est telle, qu’ilsmanquent de combustibles , et sont réduits enquelques endroits à brûler du fumier.
Les remontrances des sujets de la Valtelineet de Chiavenna , qui ne se bornaient pas à lamauvaise administration de la justice , avaientquelquefois été appuyées par le ministre autri-chien , sans avoir jamais été accueillies; ilsvenaient d’essuyer de nouveaux refus lorsquela révolution française éclata ; les Salis prirentnaturellement parti contre cette révolution,tandis que les mécontens y applaudirent. L’Au-triche cessa dès lors de protéger ces derniers ,et se rapprocha au contraire des Salis dont elleétait l’ennemie depuis un siècle. On attribue àceux-ci un coup hardi, dans le but de faire leurpaix avec l’Autriche , et de brouiller en mêmetemps son ancien parti avec elle. L’envoyéfrançais à Venise , Sérnonville , passait parles Grisons pour se rendre à Paris : on apostaun guide qui lui fit prendre une fausse routepassant sur le territoire milanais, où il fut faitprisonnier. Les Salis eurent soin de ne pas lais-ser ignorer aux Autrichiens la part qu’ils avaienteue à cette affaire , laissant les plaintes du parti