49 ° ESSAI HISTORIQUE,
physiques, la constitution civile ne peut con-trarier ces dispositions sans allumer et nourrirdes sentimens incompatibles avec les intérêtsmêmes du gouvernement. Il se creuse, pourainsi dire, un vide sous les fondemens de lasociété, qui en compromet l’existence. L’obéis-sance, dans l’hypothèse la plus favorable, de-vient simple résignation ; la soumission auxlois et aux magistrats, purement physique,n’est que provisoire ; les liens se relâchentsans qu’il y ait de révolte formelle, et la paixsociale ne tient plus qu’à un fil. Ce n’est pastoujours d’intérêts matériels qu’il est ques-tion, ou de rivalité de pouvoir. Ote-toi de là,que je m’y mette, ne peut être le principeactif que d’un si petit nombre de personnes,qu’il ne vaut guère la peine de s’en inquiéter :mais le parti des principes et des sentimensfroissés, ne fût-ce que celui de l’amour-propre,est bien autrement nombreux et bien autre-ment fort. On peut contenir les ambitieux oules séduire, mais qu’opposer à des martyrs quise dévouent (i)? Quelque intéressée et égoïste
(1) Leurs excellences de Berne chassaient aux grivesdans les vignes de leurs sujets Vaudois , à qui il n’était paspermis de le faire eux-mêmes. On ne saurait croire combiencette bagatelle a fait de révolutionnaires parmi les gensqui d’ailleurs ne pouvaient que pèrdre aux révolutions.On voit qu’il y a des martyrs de toute espèce.