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en rendant compte de cette journée dans sesdépêches , que des troupes qui n’ont pas fait laguerre depuis deux siècles , aient pu soutenir cinqcombats successifs , et être à peine chassées d’unposte qu elles ne tentassent d’en prendre un au-tre et de s’j maintenir.
Les chefs des deux partis qui divisaientBerne à cette époque, étaient le trésorierFrishing, homme hahile et éloquent, à la têtedu parti populaire, et l’avoyer Staiger du partiaristocratique ; ce dernier était un sénateurromain en courage, en intégrité, en simplicitéde mœurs , en élévation de caractère et enpréjugés de castes; il aurait eu une majoritéconstante dans le conseil, sans l’absence d’ungrand nombre de ses amis qui étaient avec lestroupes , et si l’on eût profité de la premièreardeur des milices pour attaquer les Français ,avant leur jonction : le courage qu’elles mon-trèrent le 5 mars, malgré leur mécontentementet leurs soupçons, fait assez voir ce qu’on au-rait pu en espérer. La veille de ce jour mémo-rable, Staiger, âgé de soixante et douze ans, etd’une faible santé, quitta Berne pour se rendreau poste où il espérait terminer sa longue ethonorable carrière : on le vit tout le jour exposéau feu , encourageant les soldats de sa pré-sence et de ses discours : ce dernier avoyer deBerne fut long-temps assis sur un tronc d’arbre