CHAPITRE XXXIX.
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cinq mille hommes fit autant de chemin qu’unchasseur de chamois, accoutumé aux Alpes ,aurait pu faire , et par des sentiers aussi diffi-ciles , livrant combat presque tons les jours,et privée de magasins et de tout moyen régu-lier d’obtenir des subsistances. Suvvarrow avaitpassé le Saint-Gothard le u4 de septembre ,malgré la résistance d’un corps de troupe fran-çais qui le gardait, et ne s’arrêta que le 5 octo-bre à Coire , où il put donner quelque repos àson armée , réduite d’un quart.
Masséna, maître deZurich, y maintint bonnediscipline, et les habitans souffrirent moinsqu’ils n’auraient pu attendre soit de la part desRusses, soit de celle des Français . 11 y eut ce-pendant un crime commis; on n’a jamais su dequelle main (i), mais il excita la plus grandehorreur : le célèbre Lavater reçut un coup defeu dans la poitrine pendant qu’il cherchait àtirer des mains des soldats un de ses amis , ex-posé à leurs insultes : il venait de donner del’argent au soldat qui le blessa. Cet homme ex-traordinaire languit une année entière dans lesplus grandes souffrances avant de succomber.
Les bergers de la grande chaîne extérieuredes Alpes , qui s’étend du Simplon au Saint-
(i) Lavater le savait, mais il ne voulut pas faire con-naître le coupable , et enjoignit le secret dans sa famille.