544 ESSAI HISTORIQUE,
Gothard , et jusque dans la vallée de l’tnn*ne virent pas plus tôt les Français occupésde leurs nouveaux ennemis, qu’ils profitèrentde l’occasion pour secouer le joug ; ils les ha-rassaient continuellement, surprenaient leursdétachemens , et presque toujours étaient heu-reux à la petite guerre ; tout le cours duRhône , depuis Marligny jusqu’au Simplon,et même jusqu’aux glaciers où ce fleuve prendsa source, ne fut, pendant plusieurs mois,qu’un vaste champ de bataille où le quartde la population du Valais trouva son tom-beau ; il n’y eut pas jusqu’aux crétins qui,n’ayant pas le sens de fuir ni de se défendre,périrent presque tous. Ce fut aux environs desbains de Leuk ou Loëche que les Valaisans sedistinguèrent particulièrement; ils l’auraientfait avec plus de succès sans leurs auxiliaires ,les Autrichiens, qui vinrent leur apprendreune tactique plus savante, mais moins appro-priée à leur situation. Jamais tant de combatssanglans ne furent livrés en moins de tempssur un terrain aussi difficile. Le Rhin et lesAlpes étaient en feu, et la famine dévorait lepays. Les Français y perdirent, dans l’espacede quelques mois, cinquante mille huit centshommes ; les Suisses eurent deux mille septcent treize maisons brûlées.
Un habitant du val de Levantina a rendu