55 6 ESSAI HISTORIQUE,
insérée en appendix à la fin de cet ouvrage. Lamajorité de la consulta se déclara pour un liencentral plus fort que celui que le premier con-sul voulait leur donner; mais ce fut en vain: lemoment d’arranger leurs affaires eux-mêmesétait passé.
L’intérêt que Bonaparte parut prendre ausort de la Suisse , les soins qu’il se donna pouraccommoder ses institutions aux besoins , auxhabitudes locales , aux préjugés des peupladesobscures qui en font partie, peuvent exciterquelque surprise; mais on s’aperçoit bientôtque cet intérêt était tout militaire et " que.En effet, la Suisse placée au centre de troisdivisions principales de l’Europe , commande lespassages principaux des unes aux autres : or,l’acte de médiation et le traité offensif et dé-fensif les lui livraient gratuitement, et conqué-raient la Suisse plus sûrement et à moins defrais qu’une armée. Cette conquête eût été plusdifficile une seconde fois que la première, carla Suisse n’avait plus ni trésors, ni sujets, etles peuples ne se défendent jamais mieux quelorsqu'ils n’ont rien à perdre, si ce n’est leurliberté. Sans doute ce n’aurait pas été la diffi-culté de la conquête ni 1 effusion de sang qui eus-sent empêché Bonaparte d’incorporer la Suisse à son empire, s’il y avait trouvé plus d’avantagesque d'inconvéniens ; mais il savait bien que