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Tome deuxième.
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Nous avons vu comment les anciens cher-choient à s’assurer cette intelligence, cette vertude la part de ceux qu’ils appeloient sous les dra-peaux; voyons en quoi les modernes sont restésen arrièi’e des anciens, à quelles époques ils lesont égalés ou surpassés dans cette matière de lacomposition des armées, plus spécialement ap-pelée par les modernes du nom de recrutement.C’est suivre la marche naturelle des choses, quede commencer par cet examen; car, avant d’ad-ministrer et de commander les armées, avantde les faire vivre et agir, il faut les assembleret les former au milieu de la société, qu’elles sontdestinées à protéger.

§ II.

Du Recrutement des Armées modernes.

Il existe entre l’armée et la cité des rapportsétablis par la nature même, et qu’on ne saur oitvioler sans dommage pour la société.

Les sociétés anciennes étoient dans un étatforcé et contre nature ; la liberté n’avoit lieu pourle petit nombre qu’à condition de l’esclavage duplus grand.

Ce petit nombre avoit seul un intérêt poli-tique au maintien de la cité ; il devoit donc , enprincipe, être seul admis à former l’armée.