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Tome deuxième.
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» fait à Rocroi : quand vous serez bien maître de»la campagne, alors les villages vous vaudront» des places; mais on met son honneur à prendre» difficilement une ville forte, bien plus qu’aux«moyens de conquérir aisément une province.» Si le roi d’Espagne avoit mis en troupes mobiles«pour la guerre de campagne, ce qui lui en a» coûté d’hommes et d’argent pour faire des sièges«et fortifier des places, il seroit le plus considé-«rable de tous les rois (x). »

Ainsi, tandis que Louis XIV lui-même obéis-soit aux anciens préjugés, qui avoient représentéles Français comme très-propres aux affaires de

(i) On fera attention que l’Espagne n’étoit pas alors toutentière derrière les Pyrénées ou au-delà des mers.

Tous les historiens conviennent que Louis XIY fit unegrande faute en ne poursuivant pas ses conquêtes en Hollandeavec assez de rapidité. « Condé et Turenne , dit Voltaire, vou-» loient qu’on démolît la plupart des places hollandaises ; ils» disoient que ce n’est point avec des garnisons qu’on conquiert 1» des Etats , mais avec des armées , et qu’en conservant une ou» deux places de guerre pour la retraite , on devoit marcher» rapidement à la conquête entière. Louvois , au contraire,

» vouloit que tout fût place et garnison; c’étoit là son génie ,

» et c'éloit aussi le goût du roi. Louvois avoit par là plus d’em-» plois à sa disposition ; il étendoit le pouvoir de son ministère;

» il s’applaudissoit de contredire les deux plus grands capi-» taines de son siècle. Louis le crut et se trompa , comme il» l’avoua depuis. »