Band 
Tome deuxième.
Seite
119
JPEG-Download
 

( ”9 )

canal à l’autre; mais la direction de ces ca-naux (i), n’étoit pas telle qu’elle empêchât lacavalerie espagnole de charger l’armée française.

Vers le milieu de leur front, entre ces prai-ries et la mer, dans la direction à peu près duNord au Sud, les Espagnols avoient fortifié à lahâte une grande dune qu’ils regardoient commeun point capital.

Les généraux espagnols, un peu revenus deleur première confiance, n’avoient pas pour celapris des mesures plus sages ou plus décisives;ils ne montroient point de plan arrêté. Seule-ment ils avoient passé un jour entier sous lesarmes.

Le lendemain, Turenne, les voyant dans lamême attitude et leur infanterie ran s îe sur deuxlignes, songea sérieusement à l’attaquer.

Il ordonna simplement d’observer leur cava-lerie commandée par Condé.

Il fit avancer son infanterie dans les dunes etaffecta une marche beaucoup plus lente encoreet plus pesante que ne l’y obligeoient la naturedu sol et les sables mouvans ; il mit trois heuresà faire un quart de lieue en bataille. Il avoit sesmotifs et son but, et vouloit attendre l’effet d’uncalcul dont il espéroit le succès de la journée.

(i) On les appelle, dans le pays, W^tteringues.