( i3a )
sort du Portugal ; comme elle s’est passée au fondde la Péninsule pendant les troubles les plusviolens de la France, sous la conduitè d’un gé-néral et au profit d’un prince également odieuxà l’Europe, elle a obtenu moins de célébritéqu’elle n’en méritoit ; mais on n’a point oubliéque Turenne étoit élève de ses oncles les princesde Nassau : il étoit impossible qu’il n’eût pasentendu parler à ses maîtres du duc d’Albe, àqui les premiers chefs de la liberté belgiqueavoient eu si long-temps affaire ; tyran cruel,mais habile homme de guerre dont ces princesdévoient également détester la mémoire et esti-mer les talens, et des leçons duquel ils avoientplus d’une fois profité.
Comme Turenne nous paroît avoir puisé l’idéeprincipale de sa bataille des Dunes dans les ré-cits de celle d’Alcantara, de même il noussemble que le duc d’Albe pouvoit avoir été ins-piré dans ses dispositions par la lecture de ce quis’étoit passé, de l’autre côté de la péninsule sur lebord de la Méditerranée , il y avoit environdeux mille ans; je veux parler du siège et de laprise de Carthagène par Scipion le premierAfricain. Polybe les raconte avec un détail et unsoin qui tiennent sans doute un peu à l’affectionet à la reconnoissance dont il étoit pénétré pourla famille des Scipion, mais aussi au mérite