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Tome deuxième.
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Si cet écoulement (les eaux de l’étang avoit étéréglé et journalier comme le flux et le refluxde l’Océan (i), il n’auroit point étonné l’armée,et le soldat n’y auroit attaché aucune idée su-perstitieuse. Scipion profitoit, ici, d’un accidentsemblable dans ses effets à celui qui servit depuisTurenne et le duc d’Albe, quoiqu’il n’eût pasla même cause, et il en profitoit de deux fa-çons.

Les historiens ont, pour la plupart, attribuéce succès à une faveur signalée de la fortune ;la prudence, la prévoyance et le génie en firentseuls les frais; Scipion laissa le vulgaire crierau miracle. Polybe cite une lettre de lui à Phi-lippus (2), dans laquelle il dit positivement qu’ilavoit tout entrepris d’après les réflexions quilui avoient été suggérées par les renseignemensqu’il s’étoit procurés.

(1) Don Thuillier, bénédictin, traducteur de Polybe, d'aprèslequel Folard a fait son Commentaire, se sert de l’expres-sion de flux et de reflux , ce qui est évidemment la cause d’uneerreur pour le lecteur, car il y a bien , surtout de ce côté , unmouvement de flux et de reflux dans la Méditerranée ; mais ilest presque insensible . et ne peut produire rien de semblableaux effets produits ici par les vents.

(2) Vraisemblablement le même que Martius, son généralde la cavalerie. Les fastes consulaires nous apprennent quele surnom de Philippus étoit très-commun dans la familleMartia.