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Dès qu’il eut pris position devant la place,il fit, derrière son camp, un retranchementavec un fossé large et profond qui coupoitl’isthme et joignoit les eaux de la mer à cellesde l’étang ; il ne fit aucun ouvrage du côté paroù il vouloit attaquer.
A son arrivée, et comme il l’avoit calculé,commencèrent à régner les vents sur lesquelsil comptoit; si son calcul avoit été trompé dequelques jours, son fossé et son retranchementl’assuroient contre les troupes carthaginoises lesplus proches, qui, informées à temps, auroientpu arriver sous Carthagène douze ou quatorzejours après lui.
La flotte étant en vue, et l’effet des vents fa-vorables à son dessein se faisant déjà sentir,il voulut redoubler la confiance de son arméepar des motifs surnaturels ; il annonça queNeptune lui étoit apparu en songe et lui avoitpromis son secours. L’étang se retiroit effec-tivement et abandonnoit les murailles plus qu’iln’avoit jamais fait; son écoulement vers la merétoit facilité par la tranchée que Scipion avoitfaite à l’isthme. Ce rapide écoulement parutune faveur de Neptune; un espace resta à sec ,du côté du nord, entre l’étang et la ville; ily fit porter des échelles; et cette attaque inat-tendue fit tomber la place.