( *44 )
» termina sa -vie, j’ai vu, dit Guibert, Turemie» faire, pendant six semaines, vis-à-vis de Monté-» cuculli, une guerre de positions et de mouve-» mens, une guerre tout-à-fait semblable à celle» queferoient auj ourd’hui des généraux du même» ordre, avec la tactique moderne.
» Il commandoit une armée de vingt-six mille» hommes, et Montécuculli en avoit une de» trente mille. Montécuculli, par cette supério-» rité, avoit donc l’offensive; il cherchoit àpas-» ser le Rhin et à pénétrer en Alsace. Strasbourg,» alors ville impériale, penchoit ouvertement» pour lui, et elle lui offroit un débouché fa-» cile. Que fait Turenne? Au lieu de suivre la» routine ordinaire, qui est de disputer le pas-» sage du fleuve qu’on veut défendre, routine» qui semble bien excusable quand ce fleuve est» une barrière aussi imposante que le Rhin, il lej) passe lui-même; il se place ensuite entre Stras-» bourg, qu’il laisse à quatre lieues sur sa gauche,33 et ses ponts, qu’il fait remonter à Althenheim,33 et qu’il rétablit ainsi à quatre lieues de sa droite,33 détachant seulement un corps pour les couvrir.
33 Entre le Rhin et Montécuculli coule la33 Schutter, petite rivière très-encaissée, très-33 profonde, et soumise, presque toujours, à des33 hauteurs qui sont du côté de l’Alsace. Turenne33 fait de cette petite rivière sa ligne de défense.