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deux ans auparavant, de signer à Utrecht unepaix long-temps sollicitée en vain, la France,dont la gloire au dehors n’étoit plus qu’un sou-venir presque effacé et l’accablement au dedansune réalité trop sensible, détourna ses regardsde ces trophées guerriers , qu’elle accusoit de saruine et de son oppression, et les porta vers d’au-tres jeux de la fortune (i). Deux ministres, amisde la paix, l’un par corruption (2), l’autre partimidité ( 3 ), l’entretinrent dans ce dégoût. Ledernier ne fit la guerre qu’à regret, et en trouvatous les instrumens dans un état de confusion etde foiblesse. C’est ce qui se voit, entre autresmonumens, avec le plus grand détail dans unouvrage publié en 17/j/i. Cet écrit, portant .ladate du camp sous Tournay et le titre de Traitédes Légions, fut attribué au comte de Saxe. Iln’est pas de lui; il ne méritoit pas toute la voguequ’il eut; mais, parmi des idées foibles et fausses,à côté de propositions insuffisantes, il y a dansce court mémoire un tableau curieux de l’en-tière désorganisation morale et matérielle quiaffligeoit l’armée : mauvaise formation, incapa-cité des officiers généraux, inexpérience des
(1) Le système de Law, etc.
(2) Dubois, pensionnaire de l’Angleterre.
( 3 ) Fleury.