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Saxe avoit proposé une autre innovation impor-tante , féconde en résultats; mais celle-ci tenoità la grande stratégie, et l’on ne pouvoit en sen-tir toute la valeur qu’après l’expérience de plu-sieurs campagnes consécutives.
Le maréchal s’est élevé, en effet, le premier,contre l’usage irréfléchi, mais immémorial, d’en-trer méthodiquement en campagne au prin-temps : « A la bonne heure, dit-il, lorsqu’il est» question de saisir un poste important; sans» cela, il ne faut pas tant se presser; un mois» bien employé vaut mieux qu’une longue cam-» pagne languissante. «
Dans les premiers temps de leur existence mi-litaire , les Grecs et les Romains , pauvres , fai-soient naturellement leurs courtes guerres depréférence dans les premiers jours du prin-temos, saison où les citoyens et surtout les cul-tivateurs pouvoient, sans se gêner beaucoup, serendre sous les drapeaux.
Dans des guerres d’une autre nature, lesGrecs, pénétrant en Asie , les Romains, envahispar Annibal, firent en de telles occasions laguerre toute l’année; plus tard, et sous des cli-mats plus rudes, les camps des Romains furentdes villes qui les abritoient contre l’hiver et d’oùils ressortoient au printemps pour tenir la cam-pagne.