Band 
Tome deuxième.
Seite
285
JPEG-Download
 

( 285 )

» contre ces sentimens; mais je ne sais s’il y a» beaucoup de nos généraux qui osassent entre-» prendre de passer une plaine avec un corps«d’infanterie,devant un corps de cavalerie nom*«breuse, et se flatter de pouvoir se soutenir plu-» sieurs heures avec quinze ou vingt bataillons,

» au milieu d’une armée, comme ont fait les An-» glais à Fontenoy, sans qu’aucune charge de ca-» valerie les ait ébranlés ou fait dégarnir de leur» feu. Ce sont des choses que nous avons vues ;

» mais l’amour-propre fait qu’on ne veut point» en parler, parce qu’on sent bien qu’on n’est pas» en état de les imiter. »

Deux choses donc nous manquoient essentiel-lement à cette époque, et deux choses qui pa-roissent impliquer contradiction : nous man-quions à la fois de mobilité et d’immobilité; demobilité, comme nous avons vu que le maréchalen a fait souvent l’observation et le reproche ànos longs et lourds bataillons qui ne pouvoientse mouvoir sans se rompre; nous manquionsd’immobilité, de tenue en place, et de patienceà retenir notre feu et à garder nos rangs.

La tactique, l’étude de l’art pouvoit nous don-ner la mobilité. La discipline pouvoit nous don-ner la tenue et l’immobilité; car les élémens enexistent toujours dans des troupes valeureuses;