Band 
Tome deuxième.
Seite
290
JPEG-Download
 

( a 9° ;

« Agitant, il y a quelques jours, la question de» savoir quelle étoit la bataille du siècle qui fai-» soit le plus d’honneur au général, les uns» avoient proposé celle d’Almanza ( gagnée par» le duc de Berwick), les autres celle de Turin» (gagnée par le prince Eugène); mais enfin» tout le monde tomba d’accord que c’étoit celle» où le général étoit mourant quand elle se don-» na. » Effectivement, on ne peut pas dire que lecourage et la vivacité de pensée du maréchal deSaxe aient rien emprunté, dans cette occasion, decette force et de cette vigueur physique, de cettechaleur de sang dont la nature l’avoit doué; lemal dont il étoit atteint ne lui causoit pas de cesdouleurs vives qui peuvent éveiller l’imagina-tion; c’étoit une maladie qui produit la lan-gueur et l’abattement, une hydropisie qui lui fai-soit dire, en plaisantant, qu’il seroit assez cu-rieux quun boulet vînt lui faire laponction.

Il y avoit environ quarante ans qu’à PultawaCharles XII avoit donné l’exemple d’un géné-ral porté sur un brancard ; mais Charles XIIperdit la bataille. D’ailleurs, son mal étoit uneblessure récente, qui, dans ces premiers mo-mens, occasionne plus de souffrance que de lan-gueur.

Un exemple antérieur à ces deux exemples peutse soutenir av,ec avantage à côté de celui du ma-