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» Dans les premières années, ajoutoit-il, que» j’ai pris le commandement de mes troupes,» j’étois pour les pointes ; mais tant d’événemens» que j’ai vu arriver et auxquels j’ai pris part,» m’en ont désabusé ; ce sont ces pointes qui
» m’ont fait manquer la campagne de 1744.
)> Le grand art de la guerre est de prévenir tous» les événemens, et le grand art du général est» d’avoir préparé d’avance toutes ses ressources,» pour qu’il ne soit point embarrassé de son» parti lorsque le moment d’en prendre un est» venu. »
Quand Frédéric tenoit ce langage, il n’avoitencore que trente-quatre ans; la réflexion avoitdéjà formé en lui l’homme qui devoit souteniravec une admirable constance la terrible positionqui précéda pour lui la bataille de Rosback. Parcette victoire, dont la pensée seule étoit d’uneaudace étonnante et dont le moment fut saisiavec une rare habileté, il passa subitement d’unesituation presque désespérée à une attitude for-midable dont il ne fut point enivré.
C’étoit déjà à trente-quatre ans, ce Frédéricqu’on devoit voir dans des jours encore plusdifficiles, s’il est possible, deux ans après Ros-bach, obligé de manœuvrer seul contre troisarmées autrichiennes qu’il avoit en tête et surses flancs, tandis que sur ses derrières une ar-