Band 
Tome deuxième.
Seite
347
JPEG-Download
 

( 347 )

cuculli, des premiers restaurateurs de l’art et,par une chaîne non-interrompue, des peuplesclassiques de l’antiquité, s’indignèrent de voirainsi ravaler la gloire, ou du moins la science deleurs maîtres;et, comme les louanges d’un étran-ger illustre se mêloient incessamment, et nonsans affectation, à l’exposé de ce qu’on appeloitses doctrines, les partisans des doctrines an-ciennes cherchèrent à contrebalancer cet effet,en intéressant le patriotisme des Français ; ilsréussirent plus qu’ils n’avoient lieu de l’espérerdans un moment où ce patriotisme ne paroissoitpas fort vif et fort animé.

Ce fut avec assez d’art qu’ils attachèrent le nomd’ordre français à des ordonnances de marcheet de combat,dont ils cherchoient àfaire ressortirl’analogie avec le caractère national : cet ordrefrançais, «opposé à l’ordre prussien , fut aussil’ordre pnofond opposé à l’ordre mince, l’ordrede colonne et d’attaque avec l’arme blanche, op-posé aux fronts habituellement déployés, quisont l’ordre de bataille le plus favorable au feu.

Dès que Y Essai sur la Tactique avoit paru,l’éclat du style, la teinte philosophique et mêmeun peu déclamatoire, la hardiesse, la nouveauté,tout avoit concouru à donner une grande vogueà cet ouvrage. Cette vogue, à son tour, avoit con-tribué à piquer et à réveiller l’attachement natu-