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nument très-curieux et digne de toute l’atten-tion des chefs d’Etat et d’armées, c’est la cor-respondance qui eut lieu alors entre Napoléonet le ministre; tandis que, par Napoléon et sonmajor-général,tout étoit organisé, formé,recruté,remis sur pied, et en état de servir depuis le Rhinjusqu’à la Yistule, dans l’intérieur des fron-tières , aucune ressource existante n’étoit né-gligée; tout étoit appelé, employé; toutrecevoitune destination : tel bataillon, tel dépôt, oubliépar le ministre de la guerre, lui étoit révélé,indiqué par la correspondance de Finkenstein.
Aussi, quand les Russes attaquèrent Ney sur laPassarge, et menacèrent Napoléon de l’enleverdans son quartier-général (i), ils trouvèrent nonplus, comme ils le croyoient, les débris de Puls-tuck, de Golymin et d’Eylau ; mais une arméenouvelle, complète, renforcée dans tous ses ca-dres, ravivée dans son esprit, pourvue dans lesmoindres détails de son administration.
Une campagne de vingt jours, terminée parla victoire décisive de Friedland, fut couronnéepar la paix de Tilsitt, époque mémorable. Un
(i) Ah ! ils veulent me prendre en pantoujjles , dit Na-poléon à l’aide de camp de Ney qui lui fut envoyé. C’étoitle jeune Mel qui promettait un officier distingué, et que nousperdîmes peu après.