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Tome deuxième.
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pût se flatter d’aucune espérance raisonnable,d’aucune garantie qu’on n’auroit point d’autreguerre à soutenir en même temps.

D’un autre côté, si Napoléon avoit voulu secréer un véritable parti en Espagne, il avoit àchoisir entre le père et le fils, entre une por-tion de la société foible en nombre, mais assezforte en lumières et en richesses, qui secondoitet appuyoit le favori (i), et les vœux populairesqui portoient au pouvoir le jeune Ferdinand.

Napoléon pouvoit embrasser le parti du pèreet se faire livrer le fils, ou favoriser sous mainles entreprises du fils, en donnant ouvertement

(i) Godoï ; il ne faut pas croire que cet homme fût aussiméprisable qu’on s’est plu à le peindre. Il avoit manqué dela première éducation, mais il avoit de l’esprit naturel et unesorte d’élévation dans le caractère. Un moment il semblaperdu , et prêt à être remplacé par Urquijo; il étoit au conseil ;ses antichambres et ses salons étoient pleins ; mais le conseildura très-long-temps ; et à mesure que le bruit de sa disgrâceserépandoit, ses appartemens devenoient déserts. Enfin, quandil sortit de cette séance , où il avoit été d’abord accablé etoù il avoit fini par triompher, en rentrant chez lui il netrouva que cinq personnes , et les abordant avec beaucoup desérénité et de grâce : Je suis un homme bien heureux, dit-il,au moment où l’on me croit perdu je conserve cinq amis.Si j'ai eu l’air de parler de Godo'i comme d’un homme mort, cen’est pas que j’ignore qu’il vit encore ; mais je pàrle du ministreet non de l’homme.