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Tome deuxième.
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que Lisbonne pouvoit devenir la capitale duroyaume-uni de la Péninsule (i).

Alors s’allumoit une guerre vive, sérieuse,mais qui avoit une apparence raisonnable etnaturelle, entre l’Angleterre et l’Espagne, celle-ci s’efforçant de placer le Portugal sous sa loi,l’autre de le retenir dans sa dépendance.

Sans doute, si jamais le Portugal est réunid’une manière stable à l’Espagne, celle-ci ten-dra à devenir l’alliée de l’Angleterre et à nouséchapper ; le lien véritable qui, même pen-dant la durée du pacte de famille, tenait l’Es-pagne attachée à la France, c’étoit l’indépen-dance du Portugal et l’alliance de celui-ci avecl’Angleterre dont il assouvissoit les besoinscommerciaux; en cas de réunion de la Pénin-sule , l’alliance de l’Angleterre se présentera natu-rellement à la puissance qui y dominera seule.Aussi, dans une semblable hypothèse, la France

(i) Lisbonne communique , par le Tage , jusqu’au cœurde l’Espagne. Quand Philippe II occupa le Portugal, il pro-mettoit aux Portugais de faire de Lisbonne sa capitale , cequi l’y rendit assez populaire ; d’un autre côté , il disoit auxEspagnols qu’il rendroit le Tage navigable de Lisbonne àTolède, et que cette dernière ville seroit la capitale. Le plande rendre le Tage navigable de Lisbonne à Tolède est dressé ,et son exécution n’offre pas de très-grandes difficultés ; sesavantages n’ont pas besoin d’être développés.