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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Liv. III. 5jjentreprise lui lit des ennemis sans nombre j et même la persécu-tion alla si loin, quil fut obligé de faire son apologie et celledes mathématiques devant le parlement de Paris. Mais celanempêcha pas quAristote ne fût conservé dans son anciennepossession dasservir lesprit humain. Lissue de sa querelleavec les partisans de cet ancien philosophe est un exemplemémorable de ce dont lignorance et la passion sont capa-bles ; car laffaire ayant été portée devant des commissairesnommes par le roi , Ramus fut condamné , ce qui na rien desurprenant, vu les préjugés du temps. La sentence fut affichéeà toutes les portes de luniversité , et Ramus eut à essuyer toutce quon peut attendre dindignités de la lie des collèges,soulevée contre lui par ses ennemis (i). Il fut enfin une desvictimes de lexécrable journée de la Saint-Barthélemi , et ilpérit presque de la main de Charpentier son confrère et sonennemi ; au reste son sang rejaillit sur lapostérité du coupable ;car le fds de ce barbare professeur mourut quelques annéesaprès sur un échafant , comme complice dune conspira-tion contre Henri IV. Mais revenons à notre sujet. On ade Ramus un ouvrage intitulé : Proœrnium Mathematicum ( 2 ) ,qui est une sorte de panégyrique des mathématiques. Il donnaaussi ou entreprit de donner de nouveaux élémens darithmé-tique et de géométrie (3) dans un ordre différent de celuidEuclide, quil désapprouvoit. Mais cet ouvrage na pas ob-tenu laccueil des géomètres, qui ny ont point trouvé cette ri-gueur si nécessaire dans les ouvrages de ce genre, et qui faitle charme de ceux qui sont doués de lesprit géométrique.Enfin il fonda au collège de Maître Gervais , un de ceux deluniversité , une chaire de mathématiques , qui fut long-tempsoccupée par Roberval dans le siècle suivant. Une condition deson institution étoit quelle devoit être remise au concourstous les trois ans. La suppression de ce collège a fait vaquerla chaire pendant bien des années, mais elle a depuis étéréunie au ci-devant collège royal ; des appointemens lui ontété assignés, et elle est aujourdhui remplie par M. Mauduit,dont le savoir en mathématique le rend bien supérieur à ladestination de cette chaire, qui navoit primitivement pour ob-jet que la géométrie élémentaire. M. Mauduit a su la rendreintéressante et utile, même pour ceux qui, déjà avancés, aspirentaux connoissances les plus profondes.

Ramus eut pour successeur dans sa chaire Maurice Bressius,Grenoblois, dont on a une trigonométrie fort bonne pour sontemps, sous le titre de Metrices Astrouomiae , Lib. IV.

(1) Dict. de Bayle. (3) Scholaruni Afathcmaticarum^>.

(i) Paris, j 567. 31, Basil. 1569, 111-4*'.

Tome I. D d d d