Band 
Tome premier.
Seite
578
JPEG-Download
 

5 jS HISTOIRE

Lexemple de Ramus fut imité par M. de Candalle , évêquedAire. Ce prélat géomètre fonda à Bordeairx une chaire degéométrie; et comme il sétoit beaucoup adonné à la théoriedes corps réguliers, il voulut qu'on ne pût être admis auconcours quautant quon auroit trouvé quelque chose de nou-veau sur ces corps. Cette loi étoit encore en vigueur au com-mencement de ce siècle; car lacadémie des sciences fut en170^ prise pour juge dune contestation élevée à ce sujet entredeux concurrens. On doit à M. de Candalle deux éditions desElémens dEuclide, augmentés de trois livres sur les corps ré-guliers et certains autres, quil nomme régulièrement irréguliers.Ces derniers qui avoient aussi fort occupé Hermolao Barbaro ,patriarche dAquilée, ne méritoient peut-être pas tant datten-tion de leur part. Je dis peut être ; car malgré linutilité ap-parente de ces spéculations, qui peut dire en géométrie qu'unevérité est absolument inutile ?

Le célèbre M. Viète lleurissoit en France vers la fin dumême siècle. Ce fut un homme dune classe bien supérieureà celle de ses autres compatriotes, qui coururent la même car-rière. Lanalyse algébrique lui doit de nombreuses découvertes,que nous remettons à faire connoître à la lin de ce livre. Ilnétoit pas moins profond dans la géométrie ancienne. Unproblème assez difficile, quil avoit proposé aux mathématiciensde son temps , lui donna occasion de restituer un ouvragedApollonius qui étoit perdu , savoir celui de Tactionibus.Nous en avons fait lhistoire en parlant de cet ancien géomè-tre , et nous y renvoyons. Viète poussa le premier jusquà11 décimales le rapport approché du diamètre du cercle à lacirconférence. Il détermina par des formules analytiques lesrapports des cordes des arcs multiples ou sous- multiples , etil construisit sur ce principe des tables trigonométriques, qu'ilpublia sous le nom de Canon Mathernaticus , ( Taris. 1679 , f. )dont nous parlerons un peu plus loin.

Les œuvres de Viète ont été recueillies en 1646, ( in-f. )par Schotten , à lexception de son Canon Mathernaticus. 11faut convenir quà lexception de ce qui a trait à la géomé-trie ancienne , le reste est aujourdhui presque illisible , tantle style analytique a changé , et tant Viète, trop familiarisé avecle grec, y avoit introduit de dénominations nouvelles, quinonLpas été adoptées. Parmi ceux de géométrie ancienne, on.y lit son Apollonius Gallus , s eu Apollonii Geometria deTactionibus restiiuta , qui est un modèle exquis délégancegéométrique. On y trouve aussi une partie intitulée : Responso-ïiL?n mathematicorum Liber VIII, qui fait regretter , par cequil contient , que les autres soient perdus. Il avoit fortement