DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Liv. III. 5 7?Scaliger, qui lui répliqua d'abord avec beaucoup de hauteur,mais qui ayant su ensuite par M. de Thou quel homme étoitViète , mit dans ses écrits plus de modération envers lui.Nous parlerons ailleurs de ses découvertes analytiques , sur les-quelles est principalement établie sa célébrité dans le mondemathématique.
Les Pays-Bas nous présentent aussi plusieurs géomètres d’unmérite distingué. Pierre Métius, père de Jacques Métius , ré-puté l’inventeur du télescope, et d’Adrien Métius, mathéma-ticien connu du commencement du dix septième siècle, estcélèbre. C’est lui, et non Adrien Métius, qui est l’auteur durapport approché, qui fait le diamètre à la circonférence, commen 3 à 355 . (i) Ce rapport est très-heureusement trouvé; carmalgré sa simplicité, qui le rend même facile à imprimer dansla mémoire, il s’accorde, étant réduit en fractions décimales,avec la vérité jusqu’au sixième chiffre inclusivement; c’est-à-dire , qu’il donne la grandeur de la circonférence à une 100000 e *près. Ce fut la prétendue quadrature du cercle d’un certainSimon Duchesne, ( Simon à Quercu ) musicien Franc - Com-tois, qui donna lieu à cette découverte.
Adrianus Romanus, géomètre fort estimé de son temps,quoiqu’on n’ait pas de lui des ouvrages fort importans, alla plusloin que Viète clans la détermination des limites du rapportapproché du diamètre du cercle à la circonférence. Car il lepoussa jusqu’à dix-sept décimales. Il fut pendant son tempsun des fléaux de ces prétendues quadratures du cercle qu’onvoit si souvent éclore, et il réfuta entr’autres vigoureusementcelle que Joseph Scaliger publia avec tant d’emphase. Sa ré-putation lui mérita de la part de l’empereur Ferdinand ladécoration de l’ordre de chevalier. On a de lui une trigono-métrie fort ingénieuse , où les 2.8 cas de cette partie de la géo-métrie sont, au moyen de certaines projections, réduits à 6seulement. Elle parut en 1609 sous le titre de Canon Triangu-lorurn , &c. Il mourut en i 6 a 5 .
L’Espagne et le Portugal ne fournissent à notre histoire quedeux géomètres; l’un est Nonius, ou, dans sa langue propre,Nugnez. Il déploya beaucoup de zèle pour faire fleurir les ma-thématiques dans le Portugal sa patrie. On a un essai de sonhabileté en géométrie , dans sa. solution du problème du moin-dre crépuscule, (2.) problème que M. Jacques Bernoulli avouelui avoir éohappé pendant quelque temps. Nonius le résolut ,quoique d’une manière moins élégante que Bernoulli ; mais
f 1) Adr. Metii, Geom. Practica ,•$. (î) De crepusculis , Olyssiponc ,
i, cap. xo. 1541» in-4°.
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