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Tome premier.
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€oo II I ST O I.RE-

Nga géométrie, des cliosos qui se trou voient dans Harriot, etqui n’étoient pas dans Harriot seul, comme nous le montre-rons ailleurs, quoique sans se les attribuer expressément, quedirons-nous de lui, qui se pare ainsi de la découverte de Bom-belli ? Ajoutons ç^ue Descartes ne faisant pas l’histoire de l'Al-gèbre , il seroit excusable d’avoir donné comme siennes desinventions qui se trou voient dans des écrivains qu’il n’avoitpeut-être jamais lus : mais M- Wallis écrivant cette histoire,peut-il être censé avoir ignoré que Bombelii l’avoit prévenu il yavoit près d’un siècle ?

La seconde faute que commet Wallis, c’est de donner àsa règle plus d’étendue qu’elle n’en a réellement. Il a cru, àl’exemple de Bombelii, avoir parfaitement et entièrement ré-solu toute la difficulté du qas irréductible. Mais cette règle ,dont il se sait tant de gré , quoique générale en apparence ,ne l’est point ; elle est sujette à un tâtonnement, qui ne per-met de s’en servir que lorsqu’on est assure que les racines sontou des nombres entiers , ou du moins des fractions assez simplespour qu’on puisse facilement les rencontrer. C’est ce que M. deMiiivre a remarqué dans les Transactions Philosophiques ,n°. 4‘5 i. Bien loin d’employer la règle de Wallis, pour extraire

la racine cube d’un binôme tel que a + ~\/ — b 5 il ordonneau contraire de remonter à l’équation du troisième degré ,d’où cette expression dérive , et d’en chercher la valeur parla trisection de l’angle.

V I.

Tel étoit à-peu-près l’état de l’algèbre lorsque M. Vièteentra dans la carrière. Il est peu de mathématiciens à quicette sqience doive plus qu’à cet homme célèbre. Digne pré-curseur des grands analystes du siècles-passé, il jelta les fonde-mens d’une partie considérable de leurs découvertes ; et lesétrangers. impartiaux lui rendent cette justice, de remarquerque ses écrits ont servi de flambeau à tous ceux qui ont écritaprès lui.

On doit d’abord à M. Viète d’avoir établi l’usage des lettiespour désigner, non-seulement les quantités inconnues, maismême celles qui sont connues; ce qui lit donner à son algèbrele nom de Spécieuse , nom qu’elle a gardé long-temps , àcause que tout v est représenté par des symboles. Ce change-ment que Viète fit à la méthode ordinaire, paraîtra peut êt;qassez indifférent à ceux qui connoissent peu f algèbre : maisceux qui sont versés dans l’analyse, en porteront un autre

jugement.