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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Liv. IV. 9de même la surface entière de la sphère mesure la totalité desangles solides faits autour dun même point dans lespace solide;ainsi un angle solide quelconque sera mesuré par la portion desurface sphérique quembrassent les angles plans qui le com-posent. Ces angles étant donc donnés, et le sommet de l'anglesolide placé au centre de la sphère , on aura la ligure sphé-rique quils recouperont sur la surface ainsi que les angles deson contour, etc. conséquemment laire sphérique de cette ligure,par le théorème précédent. Ainsi langle du cube , par exemple,est de j de la totalité de langle solide du centre de la sphere,ou de 90 degrés sphériques décrits ci-dessus. Celui de la pyra-mide équilatère ou du tétrahèdre se trouvera de 3i degréssphériques, 3iC 11".

On trouvera enfin la manière de mesurer langle solide dusommet dun cône droit, et de le comparer à des angles solidesformés de plans. Car , daprès les mêmes principes , un cônedroit , dont la perpendiculaire seroit plus courte dun quartque le côté , auroit son angle solide du sommet précisémentégal à l'angle solide du cube , puisquil retrancheroit de lasurface un quart de lhémisphère.

Mais ce qui eut sans doute fait à Albert Girard unegrande réputation en géométrie , cest sa divination sur lesPorismes dEuclide. Car, dans son édition et tracdution desœuvres de Stevin, il dit positivement en avoir rétabli les troislivres ; et il annonce cet ouvrage comme en état de pa-roître. Mais il na jamais vu le jour. Si Albert Girard avoiten effet réussi comme il le dit, il faudroit convenir quil étoit,en ce genre, encore un plus grand OEdipe que M. Siinson. Carce géomètre, tout habile quil étoit dans la géométrie ancienne,convient que les deux derniers livres des Porismes décrits parPappus , sont pour lui une énigme indéchiffrable. Albert Gi-rard mourut en i634, assea mal accommodé-de la fortune,à en juger par les plaintes de sa veuve. Les Porismes dEu-clide sont une mine qui ne vaut pas celles du Pérou ou du Potosi.

Un géomètre , auquel nous donnerons enfin place ici, estJuste Byrge. Ce qui le rend principalement recommandable,est davoir concouru avec Neper dans linvention et la cons-truction des tables de logarithmes. Kepler nous le représente (r)comme un homme doué de beaucoup de génie , mais pensantsi modestement de ses inventions et si indifférent pour elles ,quil les laissoit enfouies dans la poussière de son cabinet.Cest par cette raison, dit-il, que , quoique fort laborieux , ilne donna jamais rien au public par la voie de limpression.

(1) Tab. Rudolphir.ac, Fol. H.

Tome II.

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