i2 HISTOIRE
de cette date de 1620 , que son beau-frère a voit fait cette dé-couverte long temps avant Neper ? On sait bien que la dated’une invention , qui a exigé beaucoup de calculs, est nécessai-rement antérieure à celle de sa publication. Maison peut direégalement que l’invention de Neper existoit dans sa têteplusieurs années avant celle où il la publia, et même , en jus-tice réglée, Byrge perdroit son procès ; car , à la rigueur, unedate antéiieure de six ans a pu donner le moyen de con-noître une découverte et de la déguiser sous une autre forme.Contentons nous donc d’associer , de loin et à certains égards,Juste Byrge à l’honneur de cette ingénieuse invention ; maisla gloire en appartiendra toujours à Neper.
Nous dirons encore ici quelques mots de J. Byrge. II futlong-temps attaché à l’observatoire qu’a voit élevé le fameuxLandgrave de Hesse-Cassel , Guillaume IV , et il y vaquoit àl’observation , et à la construction des instrumens , tant as-tronomiques que géométriques de ce prince. Il parcît qu’aprèsla mort du Landgrave, il se retira à Prague ; mais il retournaà Cassel en i 632, et il y mourut, au rapport de Bramer,en 1 633.
Quant à Bramer, c’étoit un ingénieux et habile géomètre. On ade lui un traité de sections coniques , intitulé : ApolloniusCattus , qui fait partie d’un ouvrage plus considérable, danslequel il développe quelques inventions ingénieuses de géo-métrie-pratique.
A l’occasion de Juste Byrge , je remarquerai en passant ,ce qui intéressera peut être quelques personnes, qu’on le re-garde aussi communément comme l’inventeur de cet instru-ment, sur lequel tant d’auteurs élémentaires de géométrie ontécrit, et qu’on appelle le compas deporportion. Lcvinus Hul-sius semble le lui attribuer expressément dans un ouvrage ,imprimé en i6o5 ,-qui contient trois petits traités relatils à lagéodésie ou à la géométrie-pratique, et qu’on cite communé-ment sous le titre de L. Hulsii tractatus très ad geodesiamspectantes , titre forgé et qui n’existe point à la tête du livre ;car chaque traité y porte seulement son titre particulier. Ceciest au surplus assez ind'fférent: mais nous remarquerons queceux qui attribuent le compas de proportion à J. Byrge, etqui s’autorisent du témoignage de Levinus Hulsius , n’ont ja-mais vu cet ouvrage : car s’ils l’avoient vu, ils auroient reconnuque le compas de proportion de Byrge est tout,autre choseque celui auquel nous donnons ce nom. C’étr ient deux règlesgarnies de pointes à leurs extrémités, et tournant en forme decroix sur une charnière mobile , qui , avancée ou reculée ,donnoit aux branches de ce compas des rapports différens