DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. I. 29sujet. Car, dans ce temps , les communications entre les savansn’étoient pas faciles et promptes, comme elles le sont aujourd’huiau moyen de nos journaux.
Si de-là nous passons en France , nous n’y trouverons pas desouvrages remarquables en ce genre ; on s’y borna , ce me semble ,à recueillir les fruits nés et mûris dans d'autres climats. Ce futmême , à ce qu’il paroît , un Anglois, Edxuund Wingate, qui lesy porta le premier, en faisant imprimer à Paris , en 162,4 > ^ cspremières tables logarithmiques , avec l’instruction nécessaire surleur usage ; ouvrage qu’il oublia aussi, en 1626 , à Londres , enanglois , et de nouveau en 1 63 5 . Les premières tables publiées -par rrn François , furent celles de D. Henrion , qui parurent en1626. Elles contiennent les logarithmes des nombres naturels ,depuis 1 jusqu’à 20000 , calculées jusqu’à 10 décimales, et ceuxdes sinus et tangentes de minute en minute , jusqu’à 7.
Nous croyons devoir terminer ici ce que nous avons à diresur les logarithmes pendant cette première période du dix-sep-tième siècle. Nous renouerons ailleurs le lil de cette histoire inté-ressante pour les géomètres , afin de faire connoître les travauxde ceux qui ont succédé à ces premiers inventeurs et promoteursde la théorie des logarithmes.
I V.
Tandis \jue Neper publioit en Angleterre son ingénieuse in-vention des logarithmes , l’Allemagne donnoit naissance auxpremiers germes de la nouvelle géométrie , qu’on vit bientôt aprèséclore entre les mains de Cavalleri. Nous les trouvons dans unouvrage de Kepler. Quoique cet homme célèbre ne se soit quesecondairement adonné à la géométrie , et que par cette raisonil n’y ait pas fait des découvertes remarquables, on ne peut ce-pendantluirefuser d’y avoir montré quelques étincelles de ce géniequ’on voit briller dans ses autres écrits. Sa nouvelle Stéréométrie,ou jaugeage ( 1 ) , nous présente des vues qui paroissent avoirbeaucoup influé sur cette révolution qu’a éprouvée la géométrie.Il osa , le premier , introduire dans le langage ordinaire le nomet l’idée de l’infini. Le cercle n’est, dit il, que le composé d’uneinfinité de triangles, dont le sommet est au centre, et dont lesbases forment la circonférence. Le cône est composé d’une infi-nité de pyramides appuyées sur les triangles infiniment petitsde sa base circulaire , et ayant leur sommet commun avec celuidu cône , tandis que le cylindre de même base et même hauteur
(1) Nova Stereametria doliorum vinariorum imprimis Austriaci, &:c. AccessitStercometriæ A rchimcdcac supplément un. Lintzii, 1615, in t. Lt. Germ ,ib. 1615.