i8o HISTOIRE
mécanicien flamand ; mais ses découvertes m’ont paru une intro-duction si avantageuse à la Mécanique moderne, que j’ai crudevoir différer jusqu’ici à en rendre compte , d’autant plusqu’il a vécu assez avant dans le dix-septième siècle pour êtreréputé lui appartenir.
Stevin , mathématicien du prince d’Orange , et ingénieur desdignes de Hollande , déploya pi incipalement son génie dans laMécanique. Il alla bien plus loin que Ubaldi, dans l’ouvragequ'il publia en i585, et il enrichit la statique et l’hydrosta-tique d’un grand nombre de vérités nouvelles. 11 nous paroîtd’abord le premier qui ait reconnu la vraie proportion de la puis-sance au poids dans le plan incliné , proportion que les anciensavoient manquée, aussi bien que Guido Uba'di qui n’avoit faiten cela que les suivre. Stevin détermine très-bien cette propor-tion dans tous les cas différens , et quelle que soit la directionde la puissance ; ii ne se borne même pas à rendre raison deseffets des machines simples. Il traite dans cet ouvrage quantitéd’autres questions mécaniques , comme les rapports des chargesqui Soutiennent deux puissances qui portent un poids à desdistances inégales ; quel effort fait un poids suspendu à plu-sieurs cordages, contre les puissances qui le soutiennent par leurmoyen. En résolvant ces questions et diverses autres , il faitle [tins souvent usage du fameux principe qui est la base de laMécanique nouvelle de M. Varignon. 11 forme un triangle dontles trois côtés sont parallèles aux trois directions ; savoir cellesdu poids et des deux puissances qui le soutiennent, et il faityoir que ces trois lignes expriment respectivement ce poids etces puissances.
Stevin ne se montre pas moins original dans son hydrosta-tique, qui fait partie de sa Mécanique ; il y examine entr’autresla pression des fluides sur les surfaces qui les soutiennent , etil fait voir qu’elle est toujours comme le produit de la base parla hauteur ; nous supposons ici uue surface horizontale commele fond d’un vase ; car si on la supposoit verticale ou inclinée ,alors la détermination seroit plus difficile. Elle n’échappa cepen-dant pas à Stevin ; il montre fort ingénieusement quel est dansce cas la quantité et le centre de l'équilibre de cette pression.Ce paradoxe fameux , savoir qu’un fluide renfermé dans un canaldécroissant par en haut exerce contre le fond le même effortque si ce canal étoit partout uniforme , fut encore une décou-verte de ce mécanicien ; il 1 établit de deux manières, et parl’expérience et par un raisonnement l'on dé sur la nature desfluides , qui est ingénieux. Nous regrettons de ne point trouverdans les éditions latines et françaises de la Mécanique daStevin, deux parties qu’il annonce au commencement du sixième